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19 janvier 2006. Elle fit un geste pour éteindre son écran, mais le film qu'elle venait de visionner l'avait trop chamboulée pour qu'elle puisse dormir. Il lui manquait. Elle ne lui avait pas écrit depuis quand ? Septembre ? Octobre ? D'une main tremblante, elle se mit à écrire.
"J'avais envi, il y avait si longtemps que ça me démangeait. Comme
souvent, cette soudaine fureur et frénésie de l'écriture est provoquée
par un électrochoc émotionnel : je viens de voir un film touchant,
bouleversant, il m'a fait penser à toi, oserais-je dire à nous ? Je ne
veux pas t'effacer. Je ne peux pas t'effacer de ma vie.
Eternal Sunshine.
C'est le titre. Tu l'aimeras, si tu ne l'as pas déjà vu. Enfin je
crois, car je ne te connais plus, tu ne me montres plus que la surface
de l'iceberg, et je dois dire que je ne mérite pas mieux.
Il ne faut jamais trainer le passé derrière soi, on avance pas. Il ne
faut jamais regretter, cela n'engendre que les larmes... Mais en même
temps, ces mêmes larmes sont la marque de notre humanité, d'un coeur
qui pleure, de sentiments.
Ce soir mon coeur te pleure, ce soir mon âme t'appelle, même si cet
appel sonne dans le vide, dans le lointain informatique et fonctionnel.
Je ne sais qu'ajouter sans me couvrir d'un ridicule pathétique, et
bien que tu ne t'en sois jamais formalisé, j'ai peur que ce soit le
cas désormais.
Baisers, calins, tendresse, en souvenir du temps où nous les
échangions, quoique toujours spirituellement.
à toi malgrè tout, tu seras toujours celui à qui j'ai ouvert mon coeur
quand il se faisait encore des illusions sur l'amour."