"L'écriture n'est pas une fin en soi,
elle est la nostalgie d'un ravissement"
-Yasmina Reza-
J'attendais d'avoir un sujet avant
d'écrire un nouvel article sur ce blog mais le fait est que je n'ai
rien d'intéressant à dire, et comme je ne tiens pas à laisser mourir ce
petit bout de toile qui me relie au monde réel (ou fantasmé), voila
quelques mots dont j'aurai du mal à dissimuler la vacuité.
Aujourd'hui j'ai envie de
regarder vers l'avenir. Mettre un pied devant l'autre, avancer... Qui
aurait cru que cela pouvait être si dur ? Dur, oui, mais pas
impossible, et c'est ce à quoi je m'emploie. Je dois ici rendre justice
à ceux qui m'y aident. Les citer serait vain, ils se reconnaîtront, et
bien que je ne dispense guère de grandes marques d'affection
d'ordinaire (ma pudeur m'en empêche), je voulais leur dire ici que je
les aime, quelques mots d'amour, parce que j'en ai beaucoup à donner, à
ceux qui ne m'en ont jamais privée.
On pourrait croire que je me dévoile beaucoup ici, que je me dévoile
beaucoup dans ma vie de tous les jours, et pourtant certaines choses
n'appartiennent qu'à moi : certains souvenirs (partagés, ceux là, mais
pas la trace qu'ils ont laissé en mon âme), certains fardeaux,
certaines pensées... En ce moment j'ai envie de me jeter à corps perdu
dans l'écriture salvatrice, mais je me heurte toujours à ces barières
que j'ai moi-même érigées... Libérer ma plume, libérer mon corps,
arrêter de vivre dans la contemplation, vivre dans l'action. Je me suis
rendue compte récemment que je ne choque plus personne : mes amis les
plus proches ne s'étonnent plus de rien avec moi. Je ne sais pas si
c'est flatteur : je les ai tellement surpris qu'ils ne peuvent l'être
d'avantage ? Je suis une fille prête à tout et qui ne se refuse à rien
? D'autres personnes pourtant proches de moi ne perçoivent pas ce que
je suis, et cela, j'en souffre. Pourquoi attacher tant d'importance à
l'opinion d'autrui ? Maudite ultra-émotivité elfique, je te reconnais
bien là.
L'autre jour Joseph.K
m'encourageait à écrire sur le chaud et le froid. Nous nous sommes
rendus compte que ce n'était pas un sujet si anodin que cela. Certains
vivent dans la tiédeur, l'équilibre à tout prix. Ils sont doués ceux
là, ils ont certainement une recette secrète jalousement gardée.
Certains sont froids : gelés par l'indifférence, gelés par le silence,
gelés par les déceptions, le manque de nouveauté, la méchanceté... Bien
souvent ils ne demandent qu'à être réchauffés, encore faut-il tourner
le bon bouton, puisque presque tout est aujourd'hui affaire de bouton
que l'on peut presser et dépresser (l'homme à l'ère de la machine). Je
suis de ceux au sang chaud, je bouillonne, je déborde, j'explose. La
plupart du temps pour me confondre en regrets, les mots dépassent
souvent ma pensée, mes actes aussi d'ailleurs. Je suis de ceux qui se
brûlent les ailes, et le pire dans tout ça, c'est que je n'envisage pas
d'autre manière de vivre. Je consumme ma vie et j'aime ça. C'est
illusoire, ça me donne la sensation de vivre pleinenement.
Encore un article pour ne rien dire,
mais c'est pas grave, mes rares lecteurs fidèles auront quelque chose à
se mettre sous la dent. La petite elfe vit, la petite elfe rit, elle a
beau se sentir vide, elle ne désespère pas de trouver nouveau vaisseau.
Fuir le mensonge, le manque de respect, la pseudo-indifférence pour se
tourner vers ce(ux) qui ne sonne(nt) pas creux, ce(ux) qui entre(nt) en
résonance avec moi.